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Quelles solutions pour les produits liquides sans plastique ?

Passer à des emballages sans plastique pour les liquides ne relève plus du fantasme de designer écolo : c’est désormais une question stratégique pour les marques qui veulent réduire leur dépendance aux fossiles, anticiper les futures réglementations et répondre à une demande client plus exigeante. Pourtant, les liquides font partie des usages les plus complexes à “déplastifier”.

La clé consiste à bien comprendre les contraintes techniques des liquides, puis à choisir, cas par cas, la meilleure combinaison de matériaux et de systèmes.

Nos emballages durables :

1. Les défis spécifiques des liquides

Un emballage pour liquide doit satisfaire un cahier des charges sévère : étanchéité parfaite, barrière efficace à l’oxygène et à l’humidité, résistance mécanique au transport, sécurité sanitaire et maintien de la durée de conservation. Le plastique cumule naturellement ces qualités avec un bon ratio performance/coût, ce qui explique sa domination historique.

​Un emballage sans plastique doit donc reconstituer ce “pack” de fonctionnalités en s’appuyant sur plusieurs matériaux ou concepts (verre, métal, papier barrière, recharge, concentré), sans exploser les coûts ni dégrader l’expérience client.

2. Le verre : solution la plus éprouvée

Le verre reste la référence historique pour les liquides : 100% recyclable en boucle quasi infinie, excellente barrière à l’air, aux odeurs et aux liquides, compatible avec l’alimentaire et la cosmétique, il renvoie une image premium et naturelle très appréciée.

​Son poids et sa fragilité constituent toutefois les principaux freins : transport plus coûteux, empreinte carbone liée au fret plus élevée et limite pour le e‑commerce longue distance, où la casse peut devenir problématique. Le verre révèle tout son potentiel en circuits courts, vente locale, restauration ou modèles avec consigne et réemploi, comme le montrent les initiatives de réutilisation type Loop ou les systèmes de bouteilles consignées.

Emballages en verre

3. Métal (alu / acier) : barrière parfaite et bonne recyclabilité

L’aluminium et l’acier offrent une excellente étanchéité, une barrière totale à la lumière et aux gaz, une bonne résistance mécanique et une recyclabilité théoriquement infinie avec une forte valeur matière.

Ces métaux nécessitent souvent un vernis intérieur pour le contact alimentaire ou cosmétique, et leur image peut paraître moins “brute naturelle” que le verre pour certaines marques. Leur légèreté par rapport au verre en fait cependant une option intéressante pour le e‑commerce, les sprays, aérosols, huiles, produits d’entretien ou cosmétiques liquides haut de gamme.

4. Cartons liquides à barrière végétale : l’hybride en progression

Les cartons pour liquides (briques type jus, laits, boissons végétales) évoluent vers des structures de plus en plus “paper‑centric”. Des acteurs comme Tetra Pak, SIG ou Holmen Iggesund développent des matériaux où la barrière aluminium est remplacée par des barrières papier ou fibres, complétées par des polymères d’origine végétale.

Ces emballages atteignent aujourd’hui jusqu’à 80–90% de contenu renouvelable et peuvent réduire l’empreinte carbone de 30 à 40% par rapport aux briques classiques, voire beaucoup plus par rapport à certains plastiques, selon les ACV publiées. Leur limite : ils ne sont pas totalement “sans plastique” et leur recyclabilité dépend très fortement des filières locales capables de séparer fibres et couches barrière.

5. Systèmes rechargeables : l’option la plus intéressante à long terme

Le principe des emballages rechargeables repose sur un contenant durable (verre, métal, parfois rigide renforcé) que l’on garde, et sur des recharges plus légères, souvent en papier, carton, film aluminium fin ou sachets à faible impact.

Après quelques cycles seulement, les analyses de cycle de vie montrent des gains très significatifs sur l’empreinte carbone et la consommation de matière, notamment dans les cosmétiques, les produits ménagers, les savons et shampoings liquides. Ce modèle nécessite cependant une logistique ajustée (distribution des recharges, gestion des stocks) et une pédagogie claire, mais il s’impose comme l’un des leviers les plus prometteurs pour réduire le plastique sur les segments à forte récurrence d’achat.

Emballages en verre

6. Concentrés, solides et poudres : la rupture la plus efficace

Changer la forme du produit plutôt que l’emballage constitue une véritable rupture : vendre un nettoyant, un shampoing ou une boisson sous forme de pastille, de poudre ou de solide à reconstituer avec de l’eau chez soi.

Cette approche supprime en partie la contrainte de barrière liquide et autorise des emballages à base de papier ou carton beaucoup plus simples, avec un transport ultra‑optimisé (moins de volume, moins de poids, moins de camions). Elle demande cependant un changement d’usage consommateur et ne s’applique pas à tous les produits, mais reste aujourd’hui l’une des options les plus puissantes pour éliminer le plastique des liquides “reconstituables”.

7. Avantages marketing et réglementaires du sans plastique

Réduire voire supprimer le plastique dans les emballages liquides permet aux marques de se positionner clairement sur un engagement climatique et anti‑pollution plastique. Les études menées par des fabricants de carton montrent que beaucoup de clients perçoivent le papier/carton et le verre comme plus responsables, surtout lorsqu’ils s’accompagnent d’explications sur la recyclabilité et la réduction d’empreinte carbone.

Cette trajectoire anticipe également les durcissements réglementaires sur les plastiques à usage unique, les filtres microplastiques et les obligations de taux de recyclé, en limitant la dépendance à des matières dont le coût et l’acceptabilité risquent d’augmenter.

8. Limites à garder en tête : performances et greenwashing

Tous les emballages présentés comme “sans plastique” ne le sont pas totalement : certaines briques liquides ou solutions papier utilisent encore des couches de polymères ou des résines barrière difficiles à séparer au recyclage. La communication doit rester honnête : réduction de plastique n’équivaut pas forcément à zéro plastique.

Les “bioplastiques compostables” ou films hydrosolubles sont à manier avec prudence : en l’absence de filières de compostage industriel adaptées, ils finissent souvent incinérés ou en mélange, générant confusion client et accusations de greenwashing.

Gobelets en papier kraft

9. Reuse, consigne et circuits courts : où le sans plastique brille vraiment

Les modèles type Loop (TerraCycle) ou les systèmes de bouteilles et bocaux consignés démontrent que la réutilisation multi‑cycle de contenants en verre ou métal peut diviser par deux l’impact environnemental dès quelques rotations, puis améliorer encore les résultats au‑delà de cinq cycles, selon les évaluations publiées.

Ces dispositifs deviennent particulièrement efficaces dans les circuits courts, la distribution urbaine, les magasins équipés de points de retour et les réseaux où la collecte et le lavage peuvent être mutualisés. L’emballage sans plastique, dans ce cadre, n’est pas seulement un contenant, mais un élément central d’un système de circularité bien orchestré.

10. Comment choisir la bonne solution selon le contexte

Le choix d’un emballage sans plastique pour liquide se fait rarement sur un seul critère. Quelques repères pratiques permettent de s’orienter :

  • Produit premium, image naturelle forte : le verre reste le candidat le plus cohérent, idéalement consigné ou intégré à une logique de réemploi.
  • E‑commerce et longues distances : le métal ou les systèmes recharge + sachets légers marquent un bon compromis entre barrière, robustesse et impact carbone.
  • Circuits courts ou grande distribution à forte rotation (jus, laits, boissons végétales) : les cartons avec barrière papier/vegetale à très forte part fibreuse offrent une réduction d’impact carbone significative.
  • Démarche radicale de sobriété : concentrés, poudres et solides reconstituables réduisent d’un ordre de grandeur le volume transporté.
  • Objectif fidélisation : les systèmes rechargeables (cosmétique, hygiène, entretien) créent une relation de long terme autour d’un contenant durable.

Dans chaque cas, l’angle gagnant repose sur quelques principes simples : réduire l’eau et le volume transportés, privilégier les matériaux recyclables ou réutilisables avec des filières existantes, maîtriser les distances de retour pour les systèmes de réemploi, et éviter les promesses de “100% green” qui masquent des compromis techniques réels.

En articulant verrerie, métal, papier barrière, recharge et formats concentrés selon les usages, une marque construit progressivement un portefeuille de solutions sans plastique — ou presque — adapté à ses liquides, à ses circuits et à ses clients, sans sacrifier ni la performance produit ni la cohérence environnementale.

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