
Ce que la loi AGEC impose vraiment aux emballages
Ce que la loi AGEC impose vraiment aux emballages La loi AGEC a profondément rebattu les cartes du packaging en France : derrière les slogans,
Se préparer aux futures normes européennes sur les emballages revient à aligner son packaging sur une trajectoire déjà très claire : moins de matière, moins de complexité, davantage de réemploi ciblé, de recyclabilité réelle et de transparence. Cette adaptation, si elle est anticipée, limite les refontes en urgence, réduit les coûts logistiques et renforce la crédibilité environnementale de la marque.
Les textes exacts du futur Règlement sur les emballages et déchets d’emballages (PPWR) continuent de se préciser, mais les grandes lignes ne laissent guère de doute sur la direction à prendre.
Nos emballages durables :
Les futures règles européennes vont imposer des objectifs chiffrés de réduction des emballages, en volume et en poids, ainsi que des restrictions plus fermes sur les emballages jugés “inutiles” : suremballages, doubles boîtes, vide excessif, formats promotionnels purement marketing.
S’y préparer consiste à travailler le right‑sizing dès maintenant : réduire les dimensions, limiter le vide interne à 5–10%, fusionner lorsque c’est possible emballage produit et emballage transport, supprimer les accessoires décoratifs. Un packaging optimisé aujourd’hui sera naturellement plus proche des futures exigences, sans nécessiter de refonte brutale.
Le PPWR met l’accent sur la “recyclabilité effective”, c’est‑à‑dire la capacité d’un emballage à être trié, collecté et recyclé dans les filières existantes à grande échelle, et non sur une simple possibilité technique. Les emballages multi‑matériaux complexes et les structures qui perturbent les flux (laminés carton + plastique + alu, encres lourdes, colles tenaces) sont clairement dans la ligne de mire.
Pour anticiper, la démarche la plus robuste consiste à passer au mono‑matériau chaque fois que possible, à limiter les complexes, à choisir des encres et vernis compatibles avec le recyclage et à vérifier, pays par pays, si l’emballage est réellement accepté dans les filières locales. Un pack “techniquement recyclable” mais jamais recyclé en pratique risque d’être pénalisé à terme par des critères harmonisés de recyclabilité.
Les discussions européennes sur le PPWR prévoient des objectifs de réemploi par catégorie (notamment boissons, restauration, e‑commerce, B2B), tout en reconnaissant que le réutilisable n’est pas pertinent partout.
Une stratégie intelligente ne consiste pas à tout basculer en réutilisable, mais à analyser les flux captifs et répétitifs : abonnements, circuits courts, logistique locale, flux B2B, retours fréquents. Sur ces segments, des emballages réemployables, consignés ou gérés en boucle fermée peuvent offrir un bon compromis environnemental et économique. Ailleurs, un mono‑matériau optimisé et facilement recyclable restera souvent la meilleure réponse.
Au niveau européen, la directive “Green Claims” et les initiatives sur les allégations environnementales vont imposer davantage de preuves, de clarté et d’interdiction des mentions vagues. Les promesses du type “éco”, “green”, “zéro impact”, “100% respectueux de l’environnement” sans base chiffrée seront fortement encadrées, voire interdites.
Anticiper, c’est déjà nettoyer son discours : supprimer les termes flous, expliquer concrètement ce que fait l’emballage (mono‑matériau, taux de recyclé, réduction de matière, optimisation du transport), documenter les choix et aligner marketing, RSE et réalité industrielle. Tout ce qui ne peut pas être expliqué simplement et prouvé sera potentiellement attaquable demain.
L’Europe se dirige vers une harmonisation des méthodes de calcul et des indicateurs environnementaux (empreinte carbone, circularité, fin de vie) via des approches comme la Product Environmental Footprint (PEF). À terme, les emballages pourraient être comparés sur la base de ces métriques, et certaines allégations devront s’appuyer sur des données type Analyse de Cycle de Vie.
Se préparer consiste à commencer dès maintenant des ACV simplifiées sur ses principaux emballages, à comparer plusieurs scénarios (matière, poids, format, réemploi vs usage unique) et à archiver ces résultats. Les marques capables de mesurer et de justifier leurs choix auront une longueur d’avance lorsque ces exigences deviendront la norme.
Les futures réglementations ne considéreront plus le packaging isolément, mais dans sa relation avec le transport, le stockage et la distribution. La réduction du poids volumétrique, l’optimisation de la palettisation et la compatibilité avec les standards logistiques (palettes Europe, cartons empilables) vont être de plus en plus valorisées, y compris dans les contributions environnementales et les barèmes de REP.
Concrètement, cela signifie travailler sur des formats empilables, standardiser les dimensions, réduire la hauteur des colis pour rester dans les meilleures tranches transporteurs, et penser dès la conception à la manière dont le pack se comporte sur une palette, dans un camion ou dans un casier de consigne. Un emballage conforme mais inefficace dans la chaîne logistique sera vite perçu comme incohérent.
La stratégie la plus robuste pour 2025‑2030 est étonnamment simple dans ses grands principes :
Ces choix, souvent payants dès aujourd’hui sur les coûts (matière, transport, REP), sont aussi les moins risqués face aux évolutions réglementaires à venir, qu’il s’agisse du PPWR, de la directive Green Claims ou des renforcements de REP nationaux.
Pour passer de l’intention à l’action, une checklist simple permet de tester la maturité d’un emballage face aux futures normes :
Plus la réponse à ces questions est positive, plus l’emballage est déjà aligné avec le futur cadre européen. Les marques qui prennent dès maintenant ce virage proactif transforment une contrainte réglementaire annoncée en levier opérationnel : moins de coûts cachés, moins de risques juridiques et une proposition plus crédible auprès de clients de plus en plus sensibles à la cohérence globale du packaging.
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